Konbanwa. =)
Comme je suis vraiment orienté manga (quand ce n'est pas Julie) en ce moment, je me suis dit que je pourrais venir refaire un tour par ici. En plus ça a l'air de vivre un peu, ce qui n'est pas plus mal.
Je vais donc vous présenter Stigma, un manga de Minekura Kazuya sorti ce mois de Mai aux éditions Ki-oon. Croyez-moi, le prix en vaut la chandelle pour ce sublime one-shot dans lequel le fameux coup de crayon de Minekura, déjà observé dans Saiyuki, est mis en valeur par la couleur et le papier glacé (chez Ki-oon, pour le coup, ils se moquent pas). On ne se lasse pas de le regarder.
Outre les couleurs, Stigma marque son originalité par sa conception. Parfois du texte et une image de fond et un texte pûrement narratif avec des dialogues entre guillemets, parfois des cases avec des bulles, un mélange des deux pour une autre organisation. Et celle-ci ne fait qu'alimenter la beauté de cet ouvrage.
Pourtant, l'histoire de Stigma n'est pas tellement rose, elle est plutôt grise, pour ne pas dire noire. Le ciel est grisâtre et s'étend à l'infinie comme si le Soleil ne pouvait plus illuminer nulle part ce monde périclitant. Par ailleurs notre protagoniste, le premier, n'a pas de nom, en fait il ne se souvient de rien. Il s'est réveillé dans une déchetterie, salement amoché, sans aucun souvenir. Se trimbalant de ville en ville à la recherche de son passé, des gens le reconnaissent et l'appellent par un nom qui n'est pas le sien, car à chaque ville ce nom change. C'est un petit garçon, Tit, qui lui en donnera un : « Stork » qui signfie : « Mouette », ce garçon est lui-même à la recherche de quelque chose, peut-être plus impossible. Il est à la recherche d'oiseaux, d'un ciel bleu, où ceux-ci ont fui, ne pouvant vivre sous ce ciel gris. Il lui redonnera ainsi un certain espoir, de revoir les choses en couleur. Ainsi s'entame leur voyage d'errance, pendant lequel Stork sera amené à recouvrer les lignes de son sombre passé, à se faire rattrapper par celles-ci.
Un scénario qui pourrait presque passer pour classique : des personnages qui n'ont plus de mémoire et qui la cherchent, en plus leur passé est sombre et négatif ; et dans une sorte de monde dépravé, c'est du déjà vu. Mais cette sorte de "mise en scène", cette émotion particulièrement forte ainsi que cette réflexion font de Stigma une oeuvre à part. Cette histoire en devient sombre et attrayante, très belle. Et même ce côté passablement "classique" prend une réelle valeur dans ce one-shot. On voudrait que cela continue et avoir les réponses aux questions que l'on se pose, mais en même temps, s'il y en avait davantage, ne serait-ce pas moins bon ?
Une très belle réalisation de Minekura, alliant originalité et beauté, on ne se lasse pas de la contempler, tant pour ces dessins que son histoire. On entre, on arrive très vite à la fin avec une certaine fluidité et on ressort, prèt à contempler ce manga à nouveau.
À partir de là, je vous conseille réellement Stigma. Ceux qui ont la chance de pouvoir le lire gratuitement, profitez-en. Ceux qui n'ont pas ces moyens, n'hésitez pas à l'acheter, il vaut plus que largement son prix.
Mais après, c'est à vous de juger.
Lironea.
Os iusti meditabitur sapientiam. Et lingua eius loquetur iudicium.
- Psalmi 37, 30.